PROTECTION
Les U-Reporters s’expriment sur les LGBT-phobies !
20 juillet 2017
PAR MARION COSQUER
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L'HISTOIRE CONTINUE

Dans le cadre de son mois de la Tolérance, en juin 2017, U-Report France a co-construit un sondage sur les LGBT-phobies avec l’association MAG Jeunes LGBT. Tu peux consulter les résultats ici.

Le MAG Jeunes LGBT (Mouvement d’Affirmation des Jeunes Gais, Lesbiennes, Bi & Trans) est une association de jeunes âgé.e.s de 15 à 26 ans. Elle accueille toutes les personnes qui passent la porte de ses locaux et leur propose des activités conviviales, culturelles et militantes. Son rôle est également de faire de la prévention et de lutter contre les LGBT-phobies (lesbophobie, gayphobie, biphobie et transphobie).

Le MAG Jeunes LGBT dispose d’un journal, la MAGazette, le plus ancien magazine LGBT encore édité (créé autour de 1985) ! La MAGazette est entièrement conçue par les jeunes de l'association. Elle est disponible au local au format papier, et depuis peu sur le site de l'association !

Analyse des résultats

Dans le cadre du mois de la Tolérance, les U-Reporters se sont largement exprimé.e.s sur la question des LGBT-phobies et sur leurs expériences personnelles de victimes et/ou de témoins d’agressions à caractère LGBT-phobe. A ce sujet :

  • 51%[1] des U-Reporters pensent qu’être LGBT ne relève pas d’un choix personnel
  • 84%[2] des U-Reporters expliquent que cela ne changerait rien à leur amitié si l’un.e de leurs ami.e.s annonçait être LGBT+

Parmi les U-Reporters s’identifiant comme LGBT+ :

  • 28% ont déjà subi de la gayphobie
  • 18% de la biphobie
  • 13% de la lesbophobie
  • 3% de la transphobie[3]
Les U-Reporters ayant déjà été victimes de ce type d’agression décrivent leurs réactions : le choc, la tristesse, l’humiliation, l’énervement, la crainte, un sentiment d’insécurité et d’exclusion. D’après eux, les discriminations liées à leur orientation sexuelle et/ou identité de genre proviennent principalement d’inconnus (51%) ainsi que de camarades et professeurs (27%)[4].

Paroles de U-Reporters

A la question « Quelle a été ta réaction face à ces discriminations ? », les U-Reporters répondent :

« De l’humiliation. De la tristesse. Et surtout une grande incompréhension de devoir être montré du doigt pour une différence que je n'ai pas voulu. »
Un U-Reporter, 24 ans, Île –de-France

« C'est violent, je me suis sentie rejetée : on "ne peut pas accepter l'inacceptable". Et ça fait mal pendant longtemps. Pour moi le seul moyen de ne plus faire attention c'est d'être souvent confrontée aux LGBT-phobies. Je me suis aussi remise en question mais heureusement je ne me suis jamais dit que c’était contre nature.
En réaction indirecte, j'ai commencé à avoir peur des regards extérieurs (plus que si je n'avais pas été confrontée à une homophobie aussi radicale), des pensées des autres, de ce qu'ils pourraient faire, dire… Encore aujourd'hui j'ai mal, je ne comprends pas et je me sens rejetée. »
Une U-Reporter, 17 ans, Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes.

« Pour ce qui est de ma famille, cela m'a énormément blessé et je n'ai pas osé réagir mais pour ce qui est de mes amis ou des personnes de mon lycée, je défends ce que je suis. »
Une U-Reporter, 18 ans, Auvergne et Rhône-Alpes


Parmi eux, certains préfèrent ne pas répondre et ignorer ce type de comportement parce qu’ils considèrent qu’il s’agit de la meilleure façon de réagir ou par peur de représailles.

« Je me suis effacé. Ce n'était pas vraiment de la discrimination dirigée contre moi personnellement. Je parlais à des gens qui ne savaient pas que j'étais gay et de fil en aiguille j'ai compris qu'il valait mieux se faire discret. »
Un U-Reporter, 21 ans, Auvergne et Rhône-Alpes

« Aucune réaction. Malgré moi je suis restée stoïque et je me suis tue, on répond aux imbéciles par le silence. »
Une U-Reporter, 15 ans, Île-de-France


34% des U-Reporters ont déjà été témoins d'une agression (physique ou verbale) envers une personne LGBT+[5]. Ces derniers ont expliqué réagir de manière quasi-systématique. La plupart ont réagi de manière calme, avec des mots, en rassurant la victime et en expliquant aux agresseurs qu’être LGBT+ n’est pas un choix et que les injures et violences physiques sont inacceptables. Certain.e.s U-Reporters ont aussi expliqué ne pas savoir comment réagir lors de ce type d’évènements.

« J'ai entendu les paroles homophobes de mes collègues et j'ai exprimé ouvertement le fait que de tels propos étaient intolérables. »
Une U-Reporter, 26 ans, Île-de-France

« J'agis en amont à travers une association qui lutte contre l'homophobie, et je participe à la lutte contre l'homophobie ordinaire en faisant attention au vocabulaire de ceux qui m'entourent. Enfin, j'ai défendu et défendrai mon meilleur ami envers et contre tous ! »
Une U-Reporter, 23 ans, Île-de-France

« J'ai déjà été témoin d'injures homophobes adressées à des ami.e.s et en général j'essaye de mettre mal à l'aise l’agresseur en le confrontant à sa propre stupidité. »
Une U-Reporter, 23 ans, Île–de-France

Les U-Reporters veulent se faire entendre par les pouvoirs publics !

Plusieurs U-Reporters nous ont fait remarquer qu’il était dommage de n’avoir le choix qu’entre « fille » ou « garçon » au moment de renseigner son genre lors de l’inscription sur U-Report. En effet, certaines personnes s’identifient comme non-binaires[6], et un troisième choix serait le bienvenu.

L’équipe de U-Report est consciente de ce problème, mais U-Report étant un outil international, présent dans 35 pays, la plateforme que l’on utilise, commune à l’ensemble des pays, ne nous permet pas pour le moment de renseigner un troisième choix.

Pour autant, faire entendre la voix de tou.te.s les jeunes est la raison d’être de U-Report. Pour cette raison, nous porterons la voix des U-Reporters dans le débat public pour qu’un troisième genre soit reconnu officiellement par l’état civil, conformément à leur attente.

Pour consulter en détail les résultats du sondage, clique ici.

Pour en savoir plus sur ce que signifie être LGBT+, on t’invite à consulter le lexique participatif du MAG, par ici.


[1] Echantillon de 341 U-Reporters répondants
[2] Echantillon de 344 U-Reporters répondants
[3] Echantillon de 60 U-Reporters répondants
[4] Echantillon de 37 U-Reporters répondants
[5] Echantillon de 337 U-Reporters répondants.
[6] Non-binaire : adjectif générique pour décrire une personne dont le genre n’est ni exclusivement féminin, ni exclusivement masculin. Son genre peut alors être entre le masculin et le féminin, un mélange des deux, en partie masculin, en partie féminin, en dehors de cette binarité, totalement autre, etc. (source : Lexique participatif du MAG Jeunes LGBT)